"A Love Supreme " : Mon Dieu, quelle merveille de prestation !
John Coltrane méritait que son chef-d'œuvre « A Love Supreme » (1964) soit revisité avec panache... L'arrangeur et compositeur Christophe Dal Sasso mobilise les frères d'armes de sa big bande, Lionel Belmondo en tête. Les artistes remplissent la mission : porter en grande formation les quatre mouvements de l'œuvre majuscule en quartet du saxophoniste mort en 1967.
Avant de se mesurer au monument mystique, le groupe donne le ton : il joue « Naima » (Coltrane), et « Spiritual », un hommage de Dal Sasso au maître. Le cri se prolonge. L'interprétation confine au sublime. Les saxophonistes François Théberge et David El Malek éblouissent, bouleversent, ouvrent des chemins. L'interprétation en grande formation impulse une dimension nouvelle à la carrure de Coltrane. Si ce dernier avait pu assister à cette version valorisante de son œuvre, il aurait certainement applaudi avec le public enivré... A tout rompre. Pendant dix minutes. (Bruno Pfeiffer / Libération)

« A love supreme » (1965) est le plus connu des disques du quartet de John Coltrane. A sa parution, « Trane » était à trois ans de sa mort ; jamais aucun de ses disques n'avait connu un tel succès. Il équivaut à ce que « Kind of blue » (1959) représente dans la carrière de Miles Davis avant son tournant électrique.
Bref, une œuvre majeure de l'art du XXe siècle. Pour le chef d'orchestre compositeur et arrangeur français Christophe Dal Sasso, né en 1968, reprendre « A love supreme » sous la forme d'une suite orchestrale était une tentation forte, puisque l'album original se présentait déjà comme une suite en quatre parties. Tentation forte mais esthétiquement périlleuse. Le résultat est stupéfiant. Le « Love supreme » de Dal Sasso, étrangement, commence par une belle récitation, en anglais, d'un poème à la gloire de Dieu, sur fond de percussions douces, poème écrit en guise de notes de pochette par Coltrane : l'amour suprême est celui qu'un être humain porte à la divinité et à la paix. Suivent les quatre parties telles qu'elles se présentaient à l'origine : « Acknowledgement », « Resolution », « Pursuance », « Psalm ». Là apparaît tout l'art orchestral de Dal Sasso : chacune de ces parties est jouée tantôt par l'orchestre de quinze musiciens, tantôt ré improvisée en style coltranien par les solistes, que ce soit Lionel Belmondo au sax ténor ou Stéphane Belmondo à la trompette, Laurent Fickelson au piano, Clovis Nicolas à la contrebasse, Dré Pallemaerts à la batterie (dans les rôles de Coltrane, McCoy Tyner, Jimmy Garrison et Elvin Jones). La gageure va jusqu'à respecter à quelques minutes près la durée de l'original. Faut-il être pourvu d'un tel savoir pour jouir de cette musique aujourd'hui ? Faut-il même connaître le modèle ? La réussite esthétique de Christophe Dal Sasso avec le Dal Sasso/Belmondo Big Band suffit amplement au bonheur du jazz fan épris d'expérimentations neuves. (Michel Contat / Télérama)
== Line up ==
Lionel Belmondo (Saxophone ténor), Dominique Mandin (Saxophone alto), Jerry Edwards (Trombone), Bastien Stil (Tuba), Laurent Fickelson (Piano), Christophe Dal Sasso (Flute), Francois Theberge (Saxophone ténor), David El Malek (Saxophone ténor), Julien Alour (Bugle, Trompette), Erick Poirier (Bugle, Trompette), David Dupuis (Trompette), Bastien Ballaz (Trombone), Sylvain Romano (Contrebasse), Dre Pallemaerts (Batterie)
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