Nouvel album : "My Life"
Second album de Sia Tolno, MY LIFE groove de rythmes qui évoquent plus le Ghana et le Nigeria que la musique habituellement entendue à Conakry. Sia Tolno vit une enfance difficile au Sierra Léone, avant de connaître la guerre civile, l'exode et la précarité. Chanter pour survivre sera le destin de cette jeune femme, pleine d'énergie, au tempérament extraverti. Avec sa voix forte et chaude, Sia chante l'amour et l'insoumission, et nous balance un afro-funk brûlant pour exorciser ses démons. Ainsi que l'écrit Francis Dordor (Les Inrockuptibles) : « Comme ses grandes soeurs, Miriam Makeba, Angélique Kidjo et Oumou Sangaré, Sia Tolno fait de son combat intime, l'affaire de tous et de sa joie à résister à la fatalité, la mise d'un généreux partage. Tout le monde sortira plus fort et plus vivant de l'écoute de My Life ».
Après Eh Sanga paru en 2009, My Life, est le second album de la chanteuse guinéenne Sia Tolno pour le label Lusafrica. Autant préciser que la « vie » dont s'inspire ce disque n'a rien d'un fleuve tranquille étant donné qu'elle passe par une enfance à Freetown en Sierra Leone dans un environnement familial violent, un exil forcé consécutif à une guerre civile et un apprentissage à la rude dans les cabarets de Conakry. Le vécu de Sia Tolno est assez exceptionnel pour que ce disque le soit aussi. Comme exceptionnels sont ses talents vocaux qui ne sont pas sans évoquer ceux de Miriam Makeba, Nina Simone ou Tina Turner. Les 12 chansons proposées sur ce recueil ont été enregistrées à Conakry dans le studio de Mory Kanté avec le groupe de musiciens qui accompagne Sia sur scène. Les arrangements ont été réalisés par François Bréant, connu pour avoir déjà produit deux grands noms de la musique africaine, Thione Seck et Salif Keita. My Life c'est le concentré de l'existence bousculée de cette femme qui se rêvait avocate et dont certaines chansons recèlent la fougue et la flamboyance de plaidoiries, en faveur de la condition féminine en Afrique, pour la protection de l'enfance, contre tous les abus de pouvoir, domestiques ou à plus grande échelle. Mais on y découvre également des chansons d'amour interprétées par une artiste à la sincérité radicale, dont le coeur est, selon ses mots, « sans réserve ». Situé à un carrefour culturel où se rejoignent les langues africaines kissi, mendi, soussou, mais aussi l'anglais et le créole, où convergent musique mandingue, chants de la forêt, funk ou rumba, My Life est une tranche de vie qui célèbre la vie. Et c'est la plus belle des revanches que pouvait s'offrir cette femme qui a su convertir de douloureuses expériences en moments de joie intense et en pures émotions.

Sia est née le 21 Février 1975 à Guéckédou, ville guinéenne proche de la frontière de la Sierra Léone et du Libéria. C'est à Freetown, capitale de la Sierra Léone où son père enseigne le français, qu'elle passe l'essentiel d'une enfance qui n'a rien d'idéale. Entre la sévérité extrême d'un père qui la bat et le harcèlement de deux belles mères qui en font leur souffre-douleur, Sia s'isole et tente de donner un sens à ce qu'elle endure à travers l'écriture. « Je ne me souviens pas d'une journée qui se soit déroulée sans conflit, sans souffrance, sans tristesse. Je me suis mise à écrire des histoires parce que c'était le seul moyen dont je disposais pour me libérer un peu de ce poids. » Très bonne élève, elle se fait remarquer comme actrice dans le cours de théâtre de son école. A 19 ans, elle réussit son baccalauréat alors qu'elle s'est réfugiée chez un oncle où elle vit dans un appartement que partage une trentaine de personnes. « Manger, dormir, s'habiller, tout posait problème. » C'est alors que Steady Bongo, chanteur à la recherche d'une choriste, prend contact avec elle. Ses premiers pas dans le monde de la musique s'effectuent tandis qu'elle suit des études d'informatique. Mais ils sont aussitôt remis en cause en raison de l'extension d'un conflit qui opposent des chefs de guerre locaux pour le contrôle de la zone diamantifère du pays. Les hostilités qui vont durer de 1991 à 2002 vont faire entre 100 et 200 000 morts, dont des centaines d'enfants soldats enrôlés de force. Elles vont entraîner le déplacement d'environ 2 millions de personnes. Sia va devoir fuir Freetown et la Sierra Léone en 1995. Elle s'exile dans sa ville natale de Guéckédou, de l'autre côté de la frontière, avant que celle-ci ne devienne à son tour le théâtre de violents combats et ne soit en partie détruite par bombes. Cette immense tragédie lui inspire de nombreuses chansons et l'incite à organiser des concerts pour venir en aide aux déplacés avec le soutien de la P.N.U.D. et de l'Ambassade de France.

C'est à Conakry qu'elle se réfugie au début des années 2000. Elle y retrouve des musiciens sierra-léonais avant d'être engagée aux Copains d'abord, célèbre cabaret de la capitale guinéenne. S'ouvre une phase plus heureuse de sa vie où elle fait la conquête d'un public grâce à sa voix puissante, expressive et chaleureuse et un répertoire qu'elle adapte à sa personnalité, mêlant reprises de standards de Tina Turner, de Whitney Houston - certains la surnomment d'ailleurs Whitney - mais aussi d'Edith Piaf. Elle trouve sa place dans ce monde de la nuit où son talent, son professionnalisme, ses qualités humaines font l'unanimité. « Je suis devenue l'amie des prostituées et des gens « respectables ».
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Sia Tolno (Voix)
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